Le CRIC offre des bourses de recherche et de rédaction aux étudiant.e.s aux cycles supérieurs qui travaillent sur des thématiques liées à la contestation et aux mouvements sociaux sous la supervision d’une ou d’un professeur.e membre du CRIC.

Il y a une ou plusieurs bourses annuelles d’un montant de 2 500 $ pour le 2e cycle et d’un montant de 7 000 $ pour le 3e cycle.

Voici les critères pris en considération par les professeur.e.s membres du CRIC :

  • Être à l’étape de la rédaction ou du terrain de recherche
  • Ne pas avoir déjà obtenu une bourse du CRSH ou du FRQSC
  • Au fil des années, priorité aux étudiant.e.s qui n’ont pas déjà obtenu une bourse du CRIC
  • Répartition équilibrée entre les professeur.e.s du CRIC
  • Engagement à participer aux activités du collectif (séminaires, conférences, journées d’étude, etc.)

 

Lauréat.e.s pour l’année universitaire 2016-2017

Françoise Charniguet (maitrise, science politique, Université de Montréal)

Benjamin Pillet (doctorat, science politique, UQAM)

Projet : « Cartographie de l’anticolonialisme canadien au XXIeme siècle »

Ce projet a pour ambition d’offrir une contribution francophone au développement de la littérature ayant trait à l’anticolonialisme canadien contemporain. Ce discours politique connaît en effet des développements majeurs depuis les années 1990, naissant en grande partie de la rencontre des discours souverainistes autochtones, écologistes et sur la justice  globale. Inspiré-e-s (entre autres) par la résistance de Kahnesatake, par la répression de Ts’Peten, par les manifestations massives en marge du sommet de Seattle ou par l’insurrection zapatiste, des militants et militantes venus de divers horizons politiques tentent de concilier leurs vues parfois contradictoires dans le but de donner un nouveau souffle à la résistance au colonialisme de peuplement, moteur des infrastructures politiques et économiques canadiennes, cherchant ainsi à oeuvrer conjointement à l’affaiblissement de l’État canadien et à l’émancipation collective des communautés occupant les territoires du Canada au terme de 500 ans de colonisation française et britannique. S’évertuant à concilier des réponses à la crise écologique actuelle, une prise en compte d’identités collectives et individuelles mouvantes, et les impératifs stratégiques liés à la politique préfigurative (qui entend oeuvrer à l’émancipation au quotidien), les militant-e-s et intellectuel-le-s anticolonialistes actuel-le-s, qu’illes soient autochtones, colons, de couleur, diplômé-e-s ou non, femmes, hommes ou autres, échafaudent la fin du colonialisme canadien. C’est de leur(s) discours et des architectures idéologiques qui l(es)’ accompagne(nt) que cette thèse en théorie politique se propose de présenter une cartographie, marquée de leurs contradictions comme de leurs espoirs.

Anne-Marie Veillette (maitrise, science politique, UQAM)

Projet : « Femmes et violence policière dans les favelas de Rio de Janeiro »

La violence policière dans les favelas – ou bidonvilles — de la ville de Rio de Janeiro, au Brésil, est, depuis le début de la guerre au trafic de drogues dans les années 80, endémique. La police militaire, en charge de l’ordre public, y intervient avec force, n’hésitant pas à utiliser des armes létales dans ces quartiers densément peuplés. Cet important déploiement de violence dans des quartiers considérés sous le joug des criminels a de nombreux impacts pour la population locale, qui se retrouve au centre d’une guerre qui apparaît sans fin. Alors que certaines auteures telles que Polly Wilding, Mo Hume et Tatiana Moura ont cherché à démontrer les dynamiques de genre dans un tel contexte, nous avons voulu nous pencher précisément sur le rôle de la police, afin de démontrer la part de responsabilité qu’elle a dans la reproduction des rapports sociaux de sexe.

La police, comprise dans le cadre de cette recherche, comme la gardienne du statu quo social et une force reproductrice des différents rapports sociaux (de classe, de race, d’espace et de sexe), est ainsi analysée à partir des témoignages de plus de 14 femmes résidentes des favelas, amassés lors d’une recherche de terrain à Rio de Janeiro. À travers des entrevues individuelles, un focus group et des observations participantes menées uniquement avec des femmes, nous avons tenté de répondre à la question « comment la police parvient à s’assurer que les hiérarchies sexuelles (ou rapports sociaux de sexe) soient respectées dans les favelas où elle intervient »? Nos résultats, divisés entre trois catégories – la violence directe, ses impacts et les résistances qu’elle engendre — ont ainsi pour objectif de documenter et analyser la violence policière dans une perspective féministe, afin d’augmenter notre compréhension de la police et du rôle qu’elle joue dans nos sociétés.

Claudia Vergnolle (maitrise, science politique, UQAM)

Projet : « Agriculture urbaine à Détroit, quel changement? »

Depuis les années 1950, la ville de Détroit connaît des difficultés économiques, démographiques et sociales qui ont culminées en juillet 2013 avec sa déclaration de faillite. Dans de nombreux quartiers, les citoyens sont confrontés à des problèmes quotidiens d’accès aux services de base, tels que l’eau et l’électricité, ainsi qu’un manque de nourriture abordable, en qualité et en quantité suffisante. Face à l’incapacité du gouvernement de répondre à ces divers enjeux, les citoyens se sont organisés afin de créer des alternatives aux institutions officielles. C’est dans ce contexte que cette recherche s’intéresse plus particulièrement aux projets d’agriculture urbaine, afin d’observer le type de changement mis en place par les citoyens à travers ces projets.

La littérature sur l’agriculture urbaine est parcourue d’un questionnement quant à sa possibilité d’amener un changement systémique : alors qu’elle constitue une action politique pour établir une alternative au système agroalimentaire, elle s’inscrit tout de même dans la tendance néo-libérale, en compensant pour le retrait du filet social, sans pour autant s’y attaquer. En s’appuyant sur une douzaine d’entrevues, cette recherche se penchera sur cette problématique, qui sera étudiée à la lumière d’une réflexion sur le droit à la ville.

 

Lauréat.e.s pour l’année universitaire 2015-2016

Nicolas Bourgois (maîtrise, science politique, Université de Montréal)

Projet: « Le rôle des groupes communautaires LGBT dans la formulation des politiques publiques : le cas de la politique publique de lutte contre l’homophobie entre 2000 et 2009 »

Cette recherche vise à questionner le rôle des groupes communautaires LGBT ici à Montréal, et leurs relations avec le Gouvernement du Québec. La politique de lutte contre l’homophobie est une politique publique qui a su rallier tous les partis politiques provinciaux autour de l’idée de permettre une plus grande inclusion des communautés LGBT. Mon objectif est d’analyser le processus de formulation de cette politique en me concentrant sur les phases de construction du problème public et celles qui ont vu les groupes communautaires LGBT agir comme groupes d’intérêts auprès des autorités politiques. Au travers de cette recherche, je m’intéresse à la fois au processus de normalisation que les communautés gaies et lesbiennes ont traversé ces dernières décennies, ainsi qu’à la question de la formulation des politiques publiques en contexte de pluralisme identitaire.

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Joëlle Dussault (maîtrise, sociologie, UQAM)

Projet: « De la contestation à la création : l’utilisation de l’espace urbain par les mouvements sociaux. Le cas du Centre social autogéré de Pointe Saint-Charles »

Analyser un mouvement social nécessite de le replacer dans l’espace-temps qu’est le sien, dans le contexte dans lequel il œuvre. Autour de la notion d’espace se trouvent des éléments de compréhension des motivations d’un groupe politique à agir collectivement, mais on y cerne également son parcours et certains des effets de sa mobilisation. Le territoire est à la fois une donnée structurante et structurée, en faisant un élément de recherche à éclaircir pour comprendre la relation complexe qui lie les lieux aux groupes d’action collective (Choukri, 2008). Ainsi, le sens, la signification que l’on accorde aux lieux mobilisés par un mouvement social dépasse l’utilisation purement pratique; on retrouve dans l’usage des lieux le sens de la lutte, les valeurs défendues et la démarche des activistes.

À l’aide de l’étude de cas faite auprès de militants et militantes du Centre social autogéré de Pointe Saint-Charles, la façon dont les lieux prennent une signification lors d’une mobilisation est étudiée selon une perspective heuristique de recherche. En regard des données analysées, nous nous concentrons à développer une théorisation des liens entre les groupes d’action collective et les lieux d’action qui sait considérer l’aspect stratégique et rationnel de la mobilisation (McCarthy et Zald, 1977), la pratique qui lie le groupe aux lieux physiques (Nicholls, 2007; Zhao 1998) et la construction identitaire et émotionnelle d’une mobilisation (Auyero, 2005; Gould, 2002).

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Antoine Mazot-Oudin (doctorat, science politique, Université de Montréal)

Projet: « Contribution à une analyse des recompositions des attitudes politiques des classes populaires en France et au Québec »

A l’encontre du prisme d’analyse présentant le vote conservateur parmi les classes populaires comme la conséquence d’un regain populiste en Amérique du Nord comme en Europe, ce projet de recherche vise à prendre au sérieux les recompositions annoncées du vote de certaines franges des catégories sociales les moins favorisées. Celles-si sont souvent présentées comme ayant voté historiquement à gauche mais aux attitudes électorales plus incertaines ces dernières décennies. Comment dès lors expliquer le soutien pour des programmes politiques défendant pêle-mêle une moindre pression fiscale, une remise en cause des droits sociaux, ou encore la réduction des mécanismes redistributifs auprès d’une clientèle électorale ne bénéficiant pas directement de ces réformes annoncées ? Pour ce faire, le projet de recherche a pour objectif d’étudier les rapports ordinaires et quotidiens au politique des classes populaires en France et au Québec dans une perspective comparée. Cette approche vise à saisir entre autre, en quoi une offre politique conservatrice peut rentrer dans une certaine mesure en résonance avec des « cartographies mentales » ou des « univers moraux » en milieu populaire. L’exercice comparatif porte ici à la fois sur la notion de catégorie populaire – concept de division du monde social connaissant un regain d’intérêt en France ces dernières années mais moins mobilisé au Québec -, mais également sur l’analyse des rapports au politique de façon qualitative et ethnographique afin de mieux restituer les logiques sociales sous-tendant des orientations politiques conservatrices.

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Rosa Pires (maîtrise, science politique, UQAM)

Projet: « Les féministes de deuxième génération issues de l’immigration face à la citoyenneté et l’identité nationale au Québec »

La présence des femmes musulmanes en Occident, et issues de l’immigration d’une façon plus globale, réinterrogent le caractère universel de la citoyenneté des sociétés européennes et des sociétés de peuplement. Se nourrissant d’une fiction populaire sur le «choc des civilisations», les sociétés occidentales qualifient la citoyenneté octroyée à des immigrants tantôt comme «un problème de civilisation» tantôt comme «un problème d’intégration socio-économique». En regardant de plus près, plusieurs de ces filles d’immigrants «ont été élevées dans des milieux urbains, ont assimilé les valeurs et les styles de vie du groupe dominant, et se tournent vers des «racines réinventées» » (Potvin, Eid et Venel , 2007 , p. 260). C’est à cette capacité de réinvention, à un nouveau «capital culturel» que nous ferons appel pour approfondir la notion de citoyenneté (Yosso*, 2005). Si la nation est un plébiscite de tous les jours comme l’affirmait Ernest Renan (1992), alors le plébiscite des féministes de deuxième génération pourrait-il apporter un nouvel éclairage sur le concept de citoyenneté?

Cette étude qualitative se basera sur sept à douze entrevues semi-dirigées menées en profondeur auprès de féministes québécoises de deuxièmes générations. Notre recherche vise à appréhender l’évolution de leur sentiment d’appartenance à la collectivité québécoise, leurs perceptions de ce que signifie une citoyenneté pleine et entière et la manière dont elles réfléchissent les mécanismes de «cohésion sociale» à partir de leur propre posture, en tant que femme de deuxième génération issue de l’immigration, en tant que féministes, et tout autre facteur susceptible d’inclusion/d’exclusion qu’elles identifieront.

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Katherine Ruault (maîtrise, travail social, UQAM)

Projet: « Le féminisme dans les organisations mixtes : l’apport de la théorie de la consubstantialité des rapports sociaux de sexe et de classe »

Cette recherche tend à comprendre à la fois en quoi le militantisme mixte peut contribuer à la transformation des rapports sociaux de sexe et, d’un autre côté, comment la prise en compte de ces rapports peut influencer les luttes contre le néolibéralisme. Ayant comme base théorique la consubstantialité des rapports sociaux de sexe et de classe, ce mémoire analyse les dynamiques organisationnelles, les stratégies féministes ainsi que les différentes manières dont les rapports sociaux de sexe sont articulés dans deux organisations de défense de droits.

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